Pigeons et pinsons prennent le relais d’autres espèces. Les ciels dégagés et l’absence de pluie durant la première quinzaine d’octobre ont fourni une excellente visibilité aux observateurs qui, postés au col d’Organbidexka, au mont Lindus et aux cols du Somport et du Pourtalet, suivent le passage des oiseaux migrateurs à travers le projet européen Lindus 2. Après le passage de rapaces et l’arrivée des premières hirondelles en septembre, la première quinzaine d’octobre a été marquée par le flux intense de pinsons et de pigeons, mais aussi et toujours un bon nombre de milans.

Au point d’observation du mont Lindus, 15 859 oiseaux correspondant à 47 espèces ont été suivis sur les 13 journées de visibilité. L’espèce la plus abondante en migration a été l’ensemble de pigeon ramier (Columba palumbus), pigeon colombin (Columba oenas) et pigeon indéterminé (Columba sp), avec un total de 7 906 oiseaux. L’espèce suivante observée en plus grand nombre a été le milan royal (Milvus milvus) avec 3 509 oiseaux, suivie du pinson des arbres (Fringilla coelebs) avec 1 277 oiseaux et du grand cormoran (Phalacrocorax carbo) avec 1 123 oiseaux. Le 7 octobre s’est révélée une journée spectaculaire pour l’observation des oiseaux migrateurs au Lindus, avec 1 248 milans royaux et plus de 3 000 pigeons.

À côte des espèces les plus abondantes, au Lindus on a pu observer également, en nombre moins élevé, des espèces de grand intérêt comme le faucon émerillon (Falco columbarius), l’épervier d’Europe (Accipiter nisus) et l’élanion blanc (Elanus caeruleus), ainsi que les premières entrées d’espèces hivernantes comme le gros-bec casse-noyaux (Coccothraustes coccothraustes), le tarin des aulnes (Carduelis spinus), ou les derniers spécimens d’espèces estivales comme le milan noir (Milvus migrans) ou la bondrée apivore (Pernis apivorus).

Les observateurs d’Organbidexka ont suivi un total de 47 817 oiseaux appartenant à 71 espèces entre le 2 et le 15 octobre. L’espèce la plus abondante a été le pinson des arbres (24 518), suivie du milan royal (4 748) et de la linotte mélodieuse (Carduelis cannabina) (4 598). Au cours des deux semaines, il y a eu des journées spectaculaires de passage, comme le 7 octobre, date à laquelle a été enregistré un record de milans royaux, avec 1 940 oiseaux de cette espèce contre les 1 502 milans qui ont été comptabilisés sur une journée de 1994. Autre bonne nouvelle, le 4 octobre a vu le passage d’un millier de cigognes noires (Ciconia nigra), une espèce dont on observait à peine des dizaines de spécimens par an il y a quatre décennies au point de passage d’Organbidexka. Le flux de gros-bec casse-noyaux s’est révélé particulièrement abondant lui aussi.

Le suivi à Organbidexka a laissé également des observations moins habituelles dont une grande outarde (Otis tarda), des busards pâles (Circus macrourus), un faucon pèlerin (Falco peregrinus) et deux hiboux des marais (Asio flammeus). Le 13 octobre ont été vues les premières grues cendrées (Grus grus), signe que la dernière ligne droite de la migration annuelle approche.

Les cols aragonais du Somport et du Pourtalet ont été les premiers à enregistrer une migration plus importante (62%) sur cette période, du fait principalement des taux de passage plus élevés des oiseaux de petite taille liés aux milieux forestiers, qui trouvent dans ces cols des conditions plus propices (plus faible altitude et plus forte présence de forêts). Par espèces, on citera le passage encore notable de l’hirondelle de cheminée (Hirundo rustica) et de l’hirondelle de rochers (Ptyonoprogne rupestris). Le flux de fringillidés s’est intensifié également, surtout du pinson des arbres, mais aussi de la linotte mélodieuse, du tarin des aulnes, du chardonneret élégant (Carduelis carduelis) et, dans une moindre mesure, du serin cini (Serinus serinus), du verdier d’Europe (Chloris chloris) et du gros-bec casse-noyaux.

Le 4 octobre, les premières volées de grand cormoran ont été détectées aux cols aragonais et, durant la première quinzaine d’octobre, quelques spécimens de cigogne noire volant en solitaire ont été observés aussi. Quant aux rapaces, c’est à peine maintenant si des bondrées apivores (Pernis apivorus) ont été vues. En revanche, le passage s’est intensifié pour la buse variable (Buteo buteo), le milan royal, le faucon crécerelle (Falco tinnunculus), l’épervier d’Europe et le faucon pèlerin, entre autres.

La deuxième campagne d’étude de la migration postnuptiale des oiseaux par la voie occidentale a entamé sa dernière ligne droite puisque la saison d’observation prendra fin le 14 novembre prochain. Cette campagne s’inscrit dans le cadre du projet de coopération transfrontalière Lindus 2, mené par la Ville d’Auritz/Burguete et auquel participent en tant que partenaires la Société Espagnole d’Ornithologie (SEO/BirdLife), la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO-Aquitaine) et le Gouvernement de Navarre à travers l’entreprise publique GAN-NIK.

Parallèlement à l’étude des oiseaux migrateurs, Lindus 2 a pour objectif le suivi des chiroptères (chauves-souris), l’éducation à l’environnement et la promotion de l’écotourisme. Le projet est cofinancé à 65% par le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) via le Programme Interreg V-A Espagne-France-Andorre (POCTEFA 2014-2020).