Plus de 20 000 milans noirs aperçus en juillet dans les Pyrénées occidentales

Plus de 20 000 milans noirs aperçus en juillet dans les Pyrénées occidentales

Les oiseaux ont été contrôlés à travers le projet de coopération transfrontalière Lindus 2 mis en place dans les cols pyrénéens de Navarre, Nouvelle-Aquitaine et Huesca

Le milan noir (Milvus migrans) a été le protagoniste du passage migratoire les premiers jours d’observation de la troisième campagne d’étude de la migration postnuptiale d’oiseaux à travers la voie occidentale menée à terme dans le cadre du projet Lindus 2. Au total, 29 577 oiseaux ont été détectés, dont 21 728 ont correspondu à l’espèce mentionnée. Les contrôles ont commencé le 13 juillet dans les cols de Somport et Portalet (Huesca) et le 15 juillet au mont Lindus (Navarre-Baxe Nafarroa) et sur le coteau d’Organbidexka (Larrau, Nouvelle Aquitaine), et se termineront le 31 octobre, dans le cas des points d’observation aragonais, et le 15 novembre à Lindus et Organbidexka.

Depuis le point d’observation du mont Lindus, du 15 au 31 juillet, les nuages n’ont laissé que 12 jours pour l’observation, lors desquels 5 628 oiseaux correspondant à 20 espèces ont été observés. L’espèce la plus abondante sur ce lieu de passage fut le martinet noir (Apus apus) avec 3 288 oiseaux, suivis du milan noir avec 1 907 et l’hirondelle de fenêtre (Delichon urbicum) avec 209 oiseaux. En moindre quantité, des espèces d’un grand intérêt comme la cigogne blanche (Ciconia ciconia) et la cigogne noire (Ciconia nigra), les premières bondrées apivores (Pernis apivorus) et certains busards des roseaux (Circus aeruginosus) ont également pu être observées.

À Organbidexka, 14 404 oiseaux ont été détectés lors des 12 journées d’observation du 15 au 31 juillet. La plupart furent des milans noirs (12 402), bien que le brouillard intense dans la zone a compliqué le chemin pendant plusieurs jours au mois de juillet. Des martinets noirs (1 577) et hirondelles de fenêtre (390) ont également été observés, outre certains exemplaires d’autres espèces intéressantes telles que le grand cormoran (Phalacrocorax carbo), le balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) et les cigognes blanches et noires.

Dans les cols de Somport et Portalet à Huesca, les premières journées ont été marquées par des ciels dégagés, ce qui a favorisé l’observation. À ces endroits de passage, les milans noirs ont également été les protagonistes, avec 7 419 exemplaires sur un total de 9 545 oiseaux migrateurs comptabilisés du 13 au 29 juillet. Les jours de passage les plus intenses furent le 22 et 29 juillet. Entre autres espèces avec des chiffres plus discrets, il convient de souligner des individus de cigogne noire, cormoran européen, circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus), aigle botté (Aquila pennata) ou bien les premiers déplacements de bondrées apivores (Pernis aviporus), busards des roseaux et percnoptères (Neophron percnopterus).

Aussi bien à Somport et Portalet qu’à Organbidexka, les bénévoles inscrits à l’occasion de la convocation de cette année de Lindus 2 ont accompagné les ornithologues et experts dans le contrôle des oiseaux dans les tâches d’observation et enregistrement des oiseaux migrateurs, alors qu’au mont Lindus, les bénévoles s’incorporeront le 8 août prochain.

Projet de coopération territoriale

Le suivi de ces oiseaux est une action qui s’inscrit dans le cadre du projet transfrontalier Lindus 2, mené par la Ville d’Auritz/Burguete et auquel participent en tant que partenaires Société Espagnole d’Ornithologie (SEO/BirdLife), la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO-Aquitaine) et le Gouvernement de Navarre à travers l’entreprise publique GAN-NIK. Parallèlement à l’étude des oiseaux migrateurs, Lindus 2 a pour objectif le suivi des chiroptères (chauves-souris), l’éducation environnementale et la promotion de l’écotourisme sur les années 2016, 2017 et 2018.

Le projet est cofinancé à 65% par le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) via le Programme Interreg V-A Espagne-France-Andorre (POCTEFA 2014-2020). L’objectif du POCTEFA est de renforcer l’intégration économique et sociale de la zone frontalière Espagne-France-Andorre. Son aide porte sur le développement des activités économiques, sociales et environnementales transfrontalières à travers des stratégies communes en faveur du développement territorial durable.

Réunion des associés du Projet Lindus 2 au Laboratoire souterrain de Canfranc (Huesca)

Réunion des associés du Projet Lindus 2 au Laboratoire souterrain de Canfranc (Huesca)

Le Laboratoire souterrain de Canfranc a accueilli le 17 juillet dernier une réunion des représentants institutionnels et des techniciens de tous les associés du projet Interreg POCTEFA Lindus 2. Ce projet de coopération transfrontalière qui en est à sa troisième année de fonctionnement, a pour principal objectif l’observation et l’enregistrement de la migration d’oiseaux à travers les ports de haute montagne dans les Pyrénées. De plus, il inclut le contrôle des chiroptères (chauves-souris), des actions d’éducation environnementale, de volontariat de d’éco-tourisme.

Les associés du projet sont SEO/BirdLife en Aragon, GAN-NIK (Gestion environnementale de Navarre) en sa qualité d’entreprise publique du Gouvernement de Navarre, LPO Aquitania (Ligue pour la Protection des Oiseaux) et la Municipalité d’Auritz-Burguete (Navarre), en qualité de chef de file.

Lors de la réunion de Canfranc, les associés ont abordé, entre autres choses, la campagne de travail de terrain lancée pendant ce mois de juillet, la prévision pour 2018, les lignes de travail futures, et le niveau d’exécution du projet d’action et financier, de 100 % selon les données actuelles.

Les conclusions les plus importantes ont été les suivantes :

  • l’importance des ports de montagne pour le passage migratoire des oiseaux, et leur fort potentiel en tant que lieux d’observation,
  • et la possibilité de développement pour les communes aux environs des points d’observation

Les associés ont renouvelé leur engagement d’étendre l’action du projet après la conclusion de l’actuelle période POCTEFA.

À la fin du mois de novembre, aura lieu la clôture du projet, et les informations et conclusions des trois années de travail seront présentées, avec un bilan des oiseaux enregistrés à chaque port. Le résultat final se fera sous la forme d’un programme intégral transfrontalier de valorisation territoriale, en relation avec le suivi des oiseaux migratoires, l’éducation environnementale et l’éco-tourisme.

Lors de la réunion, étaient présent Asunción Ruiz, directrice exécutive de SEO/BirdLife ;  Isabel Elizalde, conseillère du département de développement rural, environnement et administration locale du Gouvernement de Navarre ; Andde Sainte-Marie, conseiller régional de Nouvelle Aquitaine ; Olivier Le Gall,  président de LPO Aquitania ; Luis De Potestad Tellechea, maire d’Auritz-Burguete ; et en qualité d’hôte, Fernando Sánchez, maire de Canfranc et député de la députation provinciale de Huesca, organisme cofinanceur du Lindus-2. Ont assisté par ailleurs, des représentants de la direction de GAN-NIK, du Gouvernement de Navarre, de LPO Aquitania et de SEO/BirdLife.

Le Laboratoire souterrain de Canfranc, dépendant du CSIC, spécialisé dans la recherche de la « matière obscure », a accueilli cette réunion des associés du Lindus, dans le cadre d’une collaboration entre des organismes à caractère pyrénéen. À titre d’anecdote, il convient de signaler que les installations de recherche se trouvent à 800 sous roche, en ligne droite par rapport au point d’observation ornithologique que possède SEO/BirdLife sur le mont Tobazo dans les environs du port de Somport (Huesca).

Après la réunion, la journée s’est poursuivie avec une visite de plusieurs points d’observation de la migration des oiseaux au port de Somport (Huesca).

Le projet Lindus 2  est cofinancé à 65 % par le Fonds européen de développement régional (FEDER) à travers le Programme Interreg V-A Espagne-France-Andorre (POCTEFA 2014-2020). L’objectif du POCTEFA est de consolider l’intégration économique et sociale de la zone frontalière Espagne-France-Andorre. Son aide se concentre sur le développement des activités économiques, sociales et environnementales transfrontalières à travers des stratégies conjointes en faveur du développement territorial durable.

Coup d’envoi de la saison d’observation des oiseaux du projet Lindus 2

Coup d’envoi de la saison d’observation des oiseaux du projet Lindus 2

La troisième saison démarrera le 13 juillet sur les cols du Somport et du Pourtalet (Huesca) et le 15 juillet au mont Lindus (Navarre, Basse-Navarre) et sur le col d’Organbidexka (Larrau, Nouvelle-Aquitaine)

Des observateurs de part et d’autre de la frontière lanceront à la mi-juillet une nouvelle campagne d’étude de la migration postnuptiale des oiseaux de la voie pyrénéenne occidentale, une action qui s’inscrit dans le cadre du projet de coopération transfrontalière Lindus 2.

Les suivis démarreront le 13 juillet – sur les cols du Somport et du Pourtalet – et le 15 juillet – au mont Lindus (Navarre, Basse-Navarre) et sur le col d’Organbidexka –, et se termineront le 31 octobre, dans le cas des points d’observation aragonais, et le 15 novembre au Lindus et à Organbidexka.

En 2017, plus de 650 000 oiseaux migrateurs ont été comptabilisés dans les Pyrénées occidentales. La campagne de l’année dernière a été marquée par l’observation d’un nombre record de cigognes noires et blanches et de milans royaux, ainsi qu’un bon passage de martinets noirs.

Outre les ornithologues et experts dans le suivi des oiseaux, des bénévoles de part et d’autre de la frontière participeront aux travaux d’observation et d’enregistrement des données d’oiseaux migrateurs après s’être inscrits à l’appel à Bénévolat Ornithologique 2018 sur les cols des Pyrénées mis en place par trois partenaires du projet – la Société Espagnole d’Ornithologie (SEO/Birdlife), l’entreprise publique Gestión Ambiental de Navarra (GAN-NIK) et la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO Aquitaine). Le bénévolat se déroule à différentes dates en fonction des zones.

Projet de coopération territoriale

Le suivi de ces oiseaux est une action qui s’inscrit dans le cadre du projet transfrontalier Lindus 2, mené par la Ville d’Auritz/Burguete et auquel participent en tant que partenaires Société Espagnole d’Ornithologie (SEO/BirdLife), la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO-Aquitaine) et le Gouvernement de Navarre à travers l’entreprise publique GAN-NIK. Parallèlement à l’étude des oiseaux migrateurs, Lindus 2 a pour objectif le suivi des chiroptères (chauves-souris), l’éducation environnementale et la promotion de l’écotourisme sur les années 2016, 2017 et 2018.

Le projet est cofinancé à 65% par le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) via le Programme Interreg V-A Espagne-France-Andorre (POCTEFA 2014-2020). L’objectif du POCTEFA est de renforcer l’intégration économique et sociale de la zone frontalière Espagne-France-Andorre. Son aide porte sur le développement des activités économiques, sociales et environnementales transfrontalières à travers des stratégies communes en faveur du développement territorial durable.

 

 

Échange d’expériences entre la Colombie et les Pyrénées

Échange d’expériences entre la Colombie et les Pyrénées

La Maison de la Culture d’Auritz/Burguete a accueilli hier, 22 mars, une journée d’échange d’expériences entre le projet POCTEFA Lindus 2 et le Groupe d’Action Locale de la Vallée de Tenza, en Colombie, désireux de promouvoir le tourisme ornithologique dans le cadre de sa stratégie de développement local durable. Les sessions ont commencé par l’intervention de Luis de Potestad, maire d’Auritz/Burguete, qui a présenté le projet POCTEFA Lindus 2 comme une initiative basée sur l’observation des oiseaux migrateurs, l’éducation à l’environnement et l’écotourisme, à laquelle participent la  Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO-Délégation Territoriale Aquitaine), la Société Espagnole d’Ornithologie (SEO/BirdLife), le Gouvernement de Navarre à travers l’entreprise publique Gestión Ambiental de Navarra (GAN-NIK) et la Ville d’Auritz/Burguete.

Carlos Astráin, de  GAN-NIK, a expliqué plus en détail les caractéristiques de la migration postnuptiale à travers la Chaîne des Pyrénées et l’étude qui en est faite dans le cadre de Lindus 2. Gabriel Berasategui, d’Ornitolan, a parlé de la stratégie d’Écotourisme que son entreprise et Bizi Biziki développent actuellement dans la zone d’Auritz/Burguete avec la participation de la population et des acteurs impliqués. Au nom de Cederna Garalur, organisme associé à Lindus 2, Ibon Mimentza a parlé de la stratégie de développement basée sur les ressources naturelles qu’il partage avec le GAL Valletenzano, qui mène des projets basés sur le développement intégré durable de la région en soutenant les entrepreneurs locaux.

Aux côtés des personnes ci-dessus, Mario Barreto et David Aparicio, respectivement gérant et coordinateur du GAL Valletenzano, et Eibar Algarra, de la Fondation Descubrir, se sont déplacés de Colombie pour assister à l’événement. Sans oublier la présence de Javier Velázquez, directeur du cabinet de conseil navarrais Eurodel International, qui a apporté un appui technique au développement local de la Vallée de Tenza.

Journée participative sur l’écotourisme à Auritz/Burguete

Journée participative sur l’écotourisme à Auritz/Burguete

La Maison de la Culture d’Auritz/Burguete a accueilli le 23 février dernier la deuxième séance de participation pour l’élaboration du «Diagnostic d’Écotourisme à Auritz/Burguete et ses alentours» prévu dans le cadre du projet POCTEFA Lindus 2. Au cours de la rencontre, le cabinet de conseil en tourisme durable Biziki et la société de services environnementaux Ornitolan ont présenté un diagnostic éco-touristique préliminaire et un bilan de la dernière campagne d’observation des oiseaux au mont Lindus. À partir des 237 enquêtes réalisées auprès des visiteurs de passage dans la région, un profil de touriste a été dressé, avec ses motivations, ses habitudes et ses intérêts. En constat, le visiteur type est une personne d’âge moyen (45 ans) résident national (85%) qui voyage en couple ou en petit groupe. Dans l’ensemble, les randonneurs l’emportent (64%) face aux touristes. Le touriste ornithologique, qui représente 4% du nombre total de visiteurs, évalue très positivement la qualité et l’attrait du Lindus comme destination ornithologique. En effet, il s’agit d’un lieu privilégié pour contempler le passage des oiseaux migrateurs, comme le révèlent les résultats de la dernière campagne d’observation dans laquelle ont été recensés 325.853 oiseaux, correspondant à 92 espèces, dont 83 migratrices.

À l’issue de la présentation, la vingtaine d’acteurs touristiques et sociaux des vallées d’Arce, Aezkoa et Erro ayant participé à la réunion a identifié quelques-uns des enjeux qui se posent pour stimuler l’écotourisme dans la région: la diffusion de l’attractivité ornithologique du Lindus auprès de la population locale et des visiteurs potentiels, la visibilité du projet Lindus 2 non seulement dans le col mais aussi dans le centre-ville, l’implication des acteurs touristiques de la région dans le projet, la diversification de l’offre écotouristique de la région, etc.

Désormais, Biziki et Ornitolan poursuivront l’identification de lignes stratégiques, l’élaboration d’un plan d’action écotouristique et la conception de produits écotouristiques, toujours en partenariat avec les acteurs de la région.

Outre l’élan donné à l’écotourisme, le projet de coopération transfrontalière Lindus 2 est consacré à létude de la migration postnuptiale des oiseaux par la voie occidentale, à l’étude des chauves-souris et à l’éducation environnementale. Mené par la Ville dAuritz/Burguete, le projet a pour partenaires la Société Espagnole dOrnithologie (SEO/BirdLife), la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO-Aquitaine) et le Gouvernement de Navarre à travers l’entreprise publique GAN-NIK. Il est cofinancé à 65% par le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) via le Programme Interreg V-A Espagne-France-Andorre (POCTEFA 2014-2020).

Diagnostic éco-touristique préliminaire

Des déplacements importants de chauves-souris détectés sur les cols du Baztan

Des déplacements importants de chauves-souris détectés sur les cols du Baztan

L’arrivée en Navarre de chauves-souris migratrices en provenance du Centre et du Nord de l’Europe se produit massivement à travers les cols baztanais, où une présence abondante d’espèces de chauves-souris sédentaires a également été détectée.

Cette donnée et d’autres encore ressortent de l’étude sur la migration des chauves-souris en Navarre que le biologiste et expert en chiroptères Juan Tomás Alcalde réalise dans le cadre du projet de coopération transfrontalière Lindus 2, auquel participent la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO-Délégation Territorial Aquitaine), la Société Espagnole d’Ornithologie (SEO/BirdLife), le Gouvernement de Navarre à travers l’entreprise publique Gestión Ambiental de Navarra (GAN-NIK) et la Ville d’Auritz/Burguete. La partie du projet en rapport avec les chauves-souris se déroule de 2016 à 2018 sous la direction technique de l’entreprise publique GAN-NIK et la Direction Générale de l’Environnement et de l’Aménagement du Territoire du Gouvernement de Navarre, et avec la collaboration de la Garderie Forestière du Gouvernement de Navarre.

Les deux premières saisons d’observation ont permis de détecter des vols migratoires sur 6 cols: Artesiaga, Urkiaga, Izpegi, Ibañeta, GabarbideetLizuniaga. Parmi eux se distingue Izpegi, qui a accumulé 40% des mouvements de ce type enregistrés. D’après les données trouvées jusqu’à présent, il semble que les chauves-souris migratrices arrivent dans cette partie de Navarre surtout par certains cols du Baztan, plus que par les cols du Pays Quint ou des Aldudes, une hypothèse qui sera vérifiée par de nouveaux enregistrements lors de la troisième saison d’observation.

Un autre col où ont été enregistrés de nombreux vols de chauves-souris est celui d’Artesiaga, bien que dans ce cas, la majorité des vols correspondent à des espèces sédentaires de chauves-souris qui s’y rendent pour chasser, sans doute attirées par les insectes associés aux pâturages et au bétail. Sur ce col, au moins 12 espèces différentes de chauves-souris ont été identifiées.

La plupart des chauves-souris qui ont été observées en migration (89%) sont des noctules de Leisler (N. leisleri), une des quatre espèces typiques de chauves-souris migratrices, suivie de loin par la Grande noctule (N. lasiopterus, 3% des vols). Tous les vols de migration repérés correspondent à des individus isolés, sauf deux enregistrements qui comprenaient chacun deux individus, ce qui amène à conclure que la migration est dispersée et non en bandes comme chez les oiseaux. En ce qui concerne les dates, le pic de passage se produit entre fin août et la première quinzaine de septembre.

Une meilleure connaissance pour une meilleure conservation

La Navarre est une zone de passage de nombreuses espèces migratrices qui, après leur reproduction au Centre et dans le Nord de l’Europe, descendent à des latitudes plus basses et clémentes pour passer l’hiver. Le groupe le plus nombreux et le mieux connu est celui des oiseaux, mais d’autres groupes d’animaux, comme les chauves-souris ou les insectes, effectuent également des migrations similaires.

Cependant, les mouvements migratoires des chauves-souris sont encore très méconnus, en raison principalement de la difficulté intrinsèque que comporte l’étude de ces animaux, qui volent exclusivement de nuit et se réfugient dans les endroits les plus inaccessibles. Les rares données disponibles sur la migration du continent européen vers la péninsule Ibérique (destination finale d’hibernation) ont été obtenues pour la plupart grâce au baguage et à la récupération de spécimens. En Navarre, la viste de nichoirs a révélé l’arrivée de femelles d’espèces migratrices en septembre, ce qui indique que des chauves-souris en provenance du Nord hibernent dans la Communauté Forale.

Afin de mieux connaître les routes migratoires empruntées par ces animaux et de favoriser leur conservation, le projet Lindus 2 enregistre l’activité des chauves-souris sur les cols des Pyrénées navarraises en utilisant une nouvelle méthodologie: une caméra vidéo infrarouge-thermique, de pair avec un détecteur à ultrasons. La première permet d’identifier la trajectoire du vol, tandis que le second permet l’identification de l’espèce à travers ses ultrasons. Grâce à ce dernier, il est possible de différencier l’activité migratoire de la chasse ou de celle de la période de rut.

La saison de migration de 2016 a permis d‘échantillonner 12 cols et, après les données obtenues, l’expérience a été répétée sur certains en 2017, d’autres ont été éliminés faute d’activité migratoire et de nouveaux ont été ajoutés.

À titre complémentaire, 10 chauves-souris migratrices parmi celles découvertes dans les nichoirs ont aussi été équipées d’émetteurs radio en 2017 pour analyser leur comportement. Avec l’aide du personnel de Garderie Forestière, deux d’entre elles ont été localisées grâce aux récepteurs radio: deux femelles qui hibernent actuellement dans le canyon de Lumbier et dans le canyon d’Arbaiun.

La meilleure connaissance des routes migratoires des chauves-souris permettra de protéger leurs zones de passage, en évitant par exemple l’installation dans ces lieux de parcs éoliens à l’origine de nombreuses morts de chiroptères. De même, les données sur la répartition des espèces sédentaires seront très utiles pour la conservation de leurs habitats.

Oiseaux, chauves-souris, écotourisme et éducation à l’environnement

Parallèlement au suivi des chauves-souris en Navarre, le projet Lindus 2 est consacré à la migration postnuptiale des oiseaux par la voie occidentale, l’éducation à l’environnement et la promotion de l’écotourisme. Il est cofinancé à 65% par le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) via le Programme Interreg V-A Espagne-France-Andorre (POCTEFA 2014-2020).